COV.HELP à la rescousse des PME impactées par la crise de la covid-19

COV.HELP à la rescousse des PME impactées par la crise de la covid-19

Amis de longue date, ils n’avaient que 24 ans et étaient encore étudiants en gestion au début de la pandémie de covid-19. Louis et Alexis ont rapidement décidé de mettre bénévolement leurs compétences fraîchement acquises à la disposition des indépendants, des PME et des TPE fragilisés par la crise. C’est ainsi qu’est née COV.HELP, une asbl spécialisée dans le conseil gratuit aux PME impactée par la covid-19. Une belle histoire qui devrait perdurer au-delà de la crise.

«Lorsque nous avons créé COV.HELP, nous pensions que si nous pouvions aider une PME, ce serait bien, et que si nous pouvions en aider deux, ce serait mieux. Au fil des semaines, nous nous sommes retrouvés à offrir nos services à plus d’une trentaine d’entreprises, à constituer une équipe de plusieurs dizaines d’étudiants et de jeunes consultants bénévoles, et à conclure des partenariats avec des entreprises telles que Deloitte, Codoir ou Roland Berger», constatent avec fierté et enthousiasme Alexis Raedemaecker et Louis Langendries, les deux co-fondateurs de l’asbl.

Inspirés par la crise

Il est vrai que début 2020, au moment du déclenchement de la pandémie de covid-19, personne ne mesurait l’impact désastreux que cette crise aurait sur nos vies. Louis et Alexis, qui poursuivaient leur cursus universitaire, l’un en Italie et l’autre au Canada, pensaient ne revenir en Belgique que pour quelques semaines, le temps de revoir leur famille. Mais l’épidémie s’est aggravée, les frontières se sont fermées et ils ne sont jamais repartis.

Ils ont alors rapidement pensé à apporter leur aide aux petites structures entrepreneuriales dont il était évident qu’elles allaient être les premières victimes économiques de la crise. «Nous venions d’effectuer un parcours académique et d’acquérir des compétences qui font parfois défaut aux gestionnaires de certaines d’entre elles. Nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de mettre nos connaissances à leur disposition », détaillent-ils en toute humilité, car ils insistent : « Il n’était bien sûr question ni d’expliquer leur métier à des entrepreneurs compétents et expérimentés dans leur domaine, ni de leur apporter une solution miracle, mais seulement de les aider avec nos acquis et la fougue caractéristique de la jeunesse.» Quant au bénévolat, il s’est imposé comme une évidence.

Louis Langendries explique: «Nous étions conscients d’arriver en pleine crise. Nous savions que nous nous adressions en priorité aux petits commerçants et aux petits restaurateurs fortement impactés par la pandémie et pour certains menacés de fermeture. De plus, Alexis et moi ainsi que la plus grande partie de notre équipe étions encore étudiants et espérions acquérir de l’expérience grâce à ce projet. Nous n’avions donc pas d’autre choix.»

Une première

Pour les deux initiateurs de COV.HELP, ce projet avait en effet tout d’une aventure et de la création d’une véritable entreprise, avec tous les écueils et toutes les surprises - bonnes et moins bonnes - que cela suppose. « C'était notre première expérience entrepreneuriale, détaillent-ils. Nous savions que nous allions devoir nous jeter à l’eau.

Nous avons d’abord recherché un encadrement que nous avons trouvé auprès de Michel Peruch, entrepreneur et consultant qui nous a donné de précieux conseils sans pour autant s’immiscer dans la gestion quotidienne de notre projet. Nous avons aussi conclu un partenariat avec Deloitte qui nous a aidés à structurer notre approche de nos missions d’aide.»
Ultérieurement, la société informatique et technologique Codoir et le cabinet Roland Berger apporteront aussi, chacun dans leur domaine, une aide précieuse à COV.HELP.

La première difficulté surgira avec la constitution de l’équipe. «Nous avons commencé avec des connaissances, essentiellement des étudiants en gestion ou en économie, apparemment disponibles et motivés, se rappellent les deux jeunes consultants. Mais nous nous sommes rapidement aperçus qu’il est moins facile de travailler avec des proches parfois un peu trop désinvoltes qu’avec des personnes que l’on connaît moins, voire pas du tout. C’est un gros apprentissage ! On ne s’attendait pas à cela et sans doute a-t-on fait énormément d’erreurs. On a beaucoup évolué dans ce domaine, on évolue encore beaucoup et on espère encore évoluer dans les mois et les années à venir !»

Bref, pendant plus d’un an, Alexis Raedemaecker et Louis Langendries se sont dépensés sans compter pour mener leur projet à bien tout en menant de front la fin de leurs études et leur job d'étudiant. «Comme COV-HELP est une activité bénévole, nous n’avions pas vraiment le choix, observe Alexis Raedemaeckers. Pendant plusieurs mois, nous avons sacrifié tout notre temps libre, mais c’était avec plaisir et cela a porté ses fruits.»

Une aide précieuse

Le succès a effectivement été au rendez-vous avec des sollicitations venues de toutes parts. «Au début, nous nous attendions à être sollicités par beaucoup de patrons dans le secteur de l’Horeca, détaillent les deux initiateurs du projet, mais on a eu la surprise d’être aussi contactés par des entrepreneurs actifs dans la production de boissons, la vente de meubles, de bijoux, de tissus, par une galerie d’art ou un service d’ambulance sur les événements.»

A la clef pour chaque requérant, un suivi de deux ou trois mois consistant en une analyse personnalisée de sa situation par une équipe d’étudiants qui débouche sur des propositions concrètes parmi lesquelles souvent l’amélioration de la visibilité en ligne de l’activité, voire la création d’une boutique en ligne.

Même si les créateurs de COV.HELP se sont attelés à la question, quantifier les résultats de ces différentes opérations de consultance n’est pas facile, ne serait-ce que parce que les résultats ne seront tangibles qu’à moyen ou long terme. Mais le ressenti des entrepreneurs soutenus par COV.HELP s’avère déjà très positif, assurent Alexis et Louis qui citent les longs mails émouvants ou les petits cadeaux de remerciement arrivés par la poste de la part d’entrepreneurs pour qui le soutien moral s’est avéré aussi important que le soutien purement économique.

Alexis et Louis concluent: «Certes, la dynamique des équipes, la relation créée entre elles et le client ainsi que les compétences qui ont pu lui être apportées expliquent que certains projets se sont révélés plus fructueux que d’autres, mais en suivant les conseils de Michel Peruch nous nous sommes assigné une obligation de moyens plus qu’une obligation de résultats. Notre contrat moral est de mettre les moyens en place pour aider nos interlocuteurs le mieux possible.» Les résultats se sont en tout cas révélés assez convaincants pour attirer l’attention du groupe SOWALFIN, partenaire des PME en Wallonie, et initier des contacts préliminaires avec le service 1819.

L’aventure continue

Petit à petit, la fin de la crise de la covid-19 semble poindre à l’horizon. Pour Louis et Alexis, diplômés depuis peu, il est sans doute temps de prendre leur envol vers d’autres objectifs. Mais cela ne signifie pas la fin de COV.HELP à laquelle ses deux créateurs prédisent encore de longs mois, voire de longues années d’activité : «La crise ne va certes pas durer indéfiniment, mais les effets de la covid-19 sur les commerces petits ou grands vont encore se faire sentir pendant un long moment, constatent-ils. Notre initiative gardera donc très probablement et très malheureusement du sens dans ce cadre.

De plus, des petites entreprises en crise, il y en aura indéfiniment. L’objectif va désormais être de transformer COV.HELP en une association étudiante focalisée sur les petites entreprises qui vont mal, quelle que soit l’origine de leur problème, et qui n’ont pas les moyens de se faire aider. On va faire en sorte que d’autres étudiants prennent le relais pour faire perdurer l’initiative sous une forme un peu différente mais en maintenant toujours le principe de l’intervention bénévole au bénéfice des petites entreprises confrontées à des situations difficiles.».

Site COV.HELP: https://en.cov-help.be/ 

Interview par Catherine Aerts

Cov.help

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