A la découverte des visages de l’économie collaborative

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Au cours des dernières années, l’économie collaborative et la consommation collaborative ont envahi notre société. Nous verrons dans cet article quelles sont les causes et les conséquences d’un tel modèle. Pourquoi l’engouement autour de ces concepts est-il si grand et pourquoi le développement de ces pratiques arrive-t-il maintenant ? Nous tenterons également d’expliquer ce qui se cache derrière ces notions et illustrerons cela à travers quelques exemples auxquels nous sommes confrontés au quotidien…

Economie et consommation collaboratives : que sous-entendent ces notions ?

Une petite révolution se fait progressivement sentir dans notre société. En effet,  nous sommes aujourd’hui confrontés tous les jours à l’économie collaborative, même parfois sans s’en rendre compte. Pour y voir plus clair, il nous semble pertinent de s’attarder sur cette notion d’économie collaborative et d’identifier les différentes initiatives qui peuvent y être assimilées.

Le terme « économie collaborative » apparaît pour la première fois en 1978 et est alors définie comme les « événements dans lesquels une ou plusieurs personnes consomment des biens ou des services économiques dans un processus qui consiste à se livrer à des activités communes ».

Trois éléments permettent de distinguer l’économie collaborative de l’économie classique.

  • Elle se caractérise par une logique horizontale et de réseau, dénuée de centre unique de décision. Peu hiérarchisée, elle favorise l’activité humaine autonome et décentralisée ;
  • Elle défend une mutualisation des outils et connaissances et offre un accès libre à tous ses contributeurs. Le partage des ressources par le réseau tend à favoriser l’accès à celles-ci ainsi que leur rentabilité ;
  • Elle privilégie une logique coopérative basée sur les intérêts communs d’un groupe caractérisé par une proximité locale ou d’intérêt.

Selon les différentes définitions, on retrouve principalement quatre secteurs dans lesquels elle est active : la consommation collaborative, la production collaborative, le financement collaboratif et la connaissance collaborative. On notera que les quatre secteurs sont souvent plusieurs à être concernés par une même initiative.

  • La consommation collaborative renvoie au fait que l’usage d’un bien ou service prédomine sur sa propriété. Elle repose sur l’exploitation des « inutilisés ». Une illustration de ce secteur pourrait être le partage ou la location de biens entre particuliers, comme Airbnb – location d’appartements pour des vacances – ou Uber – un système de taxis conduits par des particuliers.
  • La production collaborative peut être matérielle ou immatérielle, c’est-à-dire la production de biens communs ou de plateformes de partage. C’est par exemple la création de logiciels libres, le mouvement Do It Yourself qui consiste à créer un bien soi-même sur base du partage du savoir-faire que les autres possèdent, ou encore le projet bruxellois Bees coop, dont nous parlerons plus bas.
  • Le financement collaboratif peut être séparé en trois branches :
    • le partage de fonds comme la plateforme kisskissbankbank qui permet de financer collectivement des projets sur base du principe du don/contredon ;
    • le partage de prêts, par exemple la plateforme de crowdfunding bruxelloise « my micro invest » ;
    • et enfin la création de monnaie alternative, comme les « Eco Iris », qui peuvent être utilisés dans certains commerces de plusieurs quartiers bruxellois. 
  • La connaissance collaborative se base sur une conception libre des savoirs. Elle est présente dans les domaines de l’éducation, de la recherche ou encore des réseaux d’échanges de savoirs. Wikipedia est un exemple parfait du partage de connaissances.

Le développement exponentiel de l’économie collaborative grâce au web

Si l’économie collaborative existe déjà depuis un certain temps, sa croissance ne peut être dissociée de l’utilisation croissante d’Internet et de l’hyperconnectivité de notre société. En effet, quel que soit le secteur concerné, la toile permet de créer un réseau d’utilisateurs presque infini. Qu’il s’agisse de mettre un bien ou un service à disposition de plusieurs consommateurs, de partager de la connaissance ou encore de mobiliser des investisseurs pour l’obtention d’un prêt, Internet est presque systématiquement l’outil idéal pour mobiliser le maximum de personnes potentiellement concernées.

Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) et l’engouement sans précédent de la société pour ce type d’économie ne laissent plâner aucun doute sur le bel avenir qui lui est réservé. Pour en témoigner, nous nous attarderons dans la suite de cet article sur les nombreuses initiatives développées récemment en région bruxelloise et plus globalement. 

L’économie collaborative à Bruxelles dans le milieu entrepreneurial

Pour illustrer adéquatement les propos relatés tout au long de cet article, les quelques exemples ci-dessous démontreront le foisonnement et l’effervescence ambiants liés à l’économie collaborative.

  • Les espaces de co-working

Il s’agit de bureaux partagés par des entrepreneurs. Les personnes qui le désirent peuvent louer une partie de l’espace de ces bureaux selon différentes formules allant d’un ou plusieurs jours par semaine pour des périodes relativement flexibles. Les salles de réunions, la cuisine ou le wifi sont partagés par l’ensemble des utilisateurs. A Bruxelles, on trouvera par exemple The Flex, Beta Cowork, Transforma Bxl ou encore Factory Forty. Ces espaces peuvent également concerner des secteurs d’activité particuliers. Le projet Co-oking, par exemple, a pour vocation de mettre en place une cuisine partagée sur Bruxelles.

  • Les plateformes de crowdfunding

Bruxelles est également un vivier intéressant en matière de crowdfunding. Il s’agit de financement participatif ou encore « financement par la foule ». My micro invest, par exemple, permet aux entrepreneurs de faire financer leur projet par tout un chacun. Si vous le désirez, vous pouvez donc prendre des parts dans les projets qui vous intéressent. L’argent investit vous sera remboursé avec gains ou pertes en fonction de la réussite du projet. Look & Fin propose le même type de services.

  • Les ateliers partagés

Les ateliers partagés, appelés FabLabs, Hackerspaces ou Makerspaces, mettent à disposition de porteurs de projet des outils et systèmes de production leur permettant de réaliser des objets et prototypes d’un produit qu’ils ont imaginé. Il existe deux FabLabs à Bruxelles : un à Molenbeek et l’autre à Anderlecht.

  • Bees coop : un projet bruxellois de supermarché collaboratif

Bees coop est un tout nouveau projet initié par quelques jeunes bruxellois. L’idée est de créer une coopérative de consommateurs d’envergure visant à offrir un accès à bas prix à une nourriture de qualité, dans une démarche respectueuse de l’environnement et de l’humain. Le but est d’offrir une alternative à la grande distribution en se basant sur la mobilisation et la participation active des membres au fonctionnement du magasin. Ainsi, chaque membre devra être prêt à donner quelques heures de son temps chaque mois pour faire vivre la coopérative.

  • La mobilité partagée

La mobilité partagée s’est considérablement développée à Bruxelles au cours des dernières années. En effet, l’économie collaborative est un outil très intéressant en matière de mobilité. Elle permet d’explorer de nouvelles voies pour faire face aux problèmes rencontrés par la mobilité actuelle. Dans cette optique, les service Villo et Cambio ont été mis en place par la région pour développer les systèmes de vélos et voitures partagés. Dans la même veine, Bepark est un système de partage d’espaces de stationnement déployé dans toute l’Europe.

Et hors de Bruxelles ?

Plus généralement, des centaines d’initiatives d’économie collaborative existent dans le monde. En voici quelques unes en vrac : toutes les initiatives de co-voiturage, les jardins et potagers partagés, les habitats groupés, tous les types de wiki dont fait bien évidemment partie wikipédia, le coachsurfing qui permet aux voyageurs du monde entier de trouver un canapé pour passer quelques nuits chez l’habitant local,…

L’économie collaborative est donc un outil pertinent pour réinventer le monde et chercher des solutions innovantes aux problèmes actuels de la société.

Bref, l’économie collaborative a encore de beaux jours devant elle et risque bien de toucher de plus en plus de monde, jusqu’à peut-être vous convaincre… si ce n’est pas déjà le cas !

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