Les 10 principales raisons d’un refus de crédit bancaire

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Vous êtes entrepreneur à Bruxelles et vous vous demandez quelles pourraient bien être les différentes raisons pour lesquelles votre banque vous a refusé votre demande de crédit ou risque de le faire ?
Voici une grille de lecture des principales raisons entraînant généralement un refus de crédit ainsi que quelques conseils pour essayer d’optimiser vos chances !

1.    Manque de confiance envers l’entrepreneur

Cet élément est un des paramètres les plus importants dans la décision d’octroi d’un crédit !

Si la banque ne croit pas dans les capacités de l’entrepreneur à mener son projet ou si la banque a des doutes sur son honorabilité (chose bien entendu très différente), impossible d’envisager de lui octroyer un crédit !
NB : « crédit » veut dire confiance …

Le profil de l’entrepreneur et son attitude en contact avec la banque sont donc clé.

A noter que l’historique de l’entrepreneur peut fortement impacter cette confiance, tant de manière positive (par ex. si bon relationnel privé ou professionnel) que négative (par ex. en cas de faillite passée ou tout simplement de retards de remboursement de crédit).

2.    Manque de confiance envers le projet

  • Avant toute chose, un projet doit être facile à appréhender, d’où l’importance de bien le présenter, de manière synthétique, structurée et compréhensible pour un non initié.

  • Le projet doit intégrer différents éléments stratégiques, tels que (attention, cette liste est non exhaustive) :

    • présence d’un réel besoin, d’une réelle opportunité d’affaire ;
    • réelle compréhension du marché et de l’écosystème, dont la concurrence ;
    • solution représentant une réelle proposition de valeur différenciée ;
    • produits / services validés dans le marché ;
    • public cible, segmentation et canaux de distribution bien définis ;
    • adéquation de la stratégie commerciale & marketing au projet ;
    • vision claire sur le planning (milestones franchis, en cours et futurs) ;
    • équipe dirigeante complémentaire et intégrant les compétences nécessaires ; etc.
    • Le projet doit offrir de réelles perspectives à moyen terme et si possible à long terme.
    • Il doit être suffisamment rentable que pour garantir au moins la pérennité de l’activité, c’est-à-dire permettre de financer les investissements nécessaires, de supporter la croissance, de rembourser les dettes ou encore d’absorber fluctuations et imprévus.
    • L’ensemble de ces éléments doivent être argumentés, cohérents et crédibles.

Si la banque ne comprend pas le projet, a des doutes sur l’opportunité d’affaire, sur les perspectives à moyen-long terme, sur sa rentabilité et donc sur sa viabilité, il sera très difficile d’envisager un crédit … pour rappel, « credit » veut dire confiance !

Et n’oubliez pas que vous n’avez généralement qu’une seule occasion de faire bonne impression ! Un projet présenté via un dossier incomplet, incohérent ou non encore abouti risque réellement de griller  vos chances auprès de cette banque ! Surtout qu’il est fort difficile pour une banque de considérer de revoir sa position, en cas de décision négative.

3.    Capacité de remboursement insuffisante

Ce critère est essentiel pour une banque !

  • Si le projet ne démontre pas de capacité suffisante pour rembourser le crédit, il n’y aura tout simplement  pas de crédit.

  • Pour mesurer cette capacité, la priorité est donnée aux chiffres réels sur les prévisions. Si celles-ci sont sensiblement plus positives que l’historique, il est nécessaire de bien les justifier et il est possible qu’elles ne soient malgré tout pas (intégralement) prises en compte.

  • En outre, une attention particulière est apportée à la régularité ou non du cash flow.

  • A noter que l’octroi d’une franchise de remboursement en capital (période pendant laquelle le crédit ne doit pas être remboursé) reste relativement rare.

4.    Risques excessifs

Il est bon de le rappeler, une banque développant des services traditionnels aux entreprises se contente de leur prêter les fonds collectés auprès des épargnants ou du marché, en échange d’un intérêt limité. La banque est un intermédiaire dans la gestion d’excès et de besoin de liquidités et n’a donc pas pour vocation stricto sensu de prendre du risque ! Elle ne participe d’ailleurs pas au bénéfice de ses clients.

  • Dès lors, et c’est un élément de confusion assez habituel, il peut y avoir une forte incompréhension entre l’entrepreneur et sa banque sur son rôle et ce que celle-ci finance.

  • Typiquement, des éléments comme la phase de vie de l’entreprise, le type de secteur ou le caractère novateur d’un concept auront un grand impact sur le risque.

NB : beaucoup d’autres éléments peuvent bien sûr être déterminant !

  • Seront par exemple jugés comme plus à risque un projet starter, un nouveau concept non encore validé dans le marché … ou pire non encore développé, les secteurs avec des taux de défaut élevés, les activités avec des risques juridiques et politiques importants, etc.

  • La banque considère aussi les limites d’exposition maximales qu’elle est prête à prendre sur une entreprise ou un secteur.

En fonction de ces risques (notamment), la banque évalue si elle estime pouvoir intervenir, à quelle hauteur et moyennant quelles modalités et quelle protection.

5.    Objet non finançable

  • Dans la foulée du point précédent, certaines demandes de crédit peuvent être rejetées tout simplement parce que l’objet à financer ne fait pas partie du scope finançable de la banque.

  • Typiquement, une banque intervient prioritairement pour financer
    (i) des besoins d’investissements tangibles et
    (ii) des besoins liés au cycle d’exploitation (besoin de fonds de roulement) touchant soit aux délais de paiement, soit aux stocks.

  • Cela veut donc dire que le financement via crédit bancaire classique d’autres types d’objets tels par exemple des frais de développement, de marketing, de ressource humaine, ou encore le refinancement de crédits existants risque de ne pas être considéré.

  • En inversant le raisonnement, cela veut dire qu’il faut bien réfléchir avant de financer intégralement sur fonds propres des objets qui pourraient être financés via une banque … !

6.    Apport propre insuffisant

  • La banque attend de l’entrepreneur qu’il finance lui-même une partie plus ou moins importante du besoin et prenne donc part au risque.

  • Sur les bases actuelles, on parle généralement d’un niveau minimum d’apport propre de l’ordre de 20%, mais ceci est très théorique, car certains paramètres peuvent impliquer un besoin d’apport propre nettement plus conséquent, par ex. si projet starter ou pour certains secteurs.

  • On peut considérer deux raisons principales à cette exigence : (i) plus l’apport propre de l’entrepreneur est conséquent, plus le risque de la banque est limité, surtout que la banque est par définition remboursée en premier et (ii) plus l’entrepreneur est impliqué dans son projet, y compris financièrement, plus il est stimulé à créer de la valeur.

  • Attention, ceci ne concerne pas que les projets starter ! Il est en effet également nécessaire en phase de développement de l’activité que l’entreprise prenne une part plus ou moins conséquente du risque à sa charge. Une recapitalisation est alors parfois même nécessaire.

7.    Déséquilibres financiers

  • Certains déséquilibres financiers peuvent apparaître tant dans la structure patrimoniale d’une entreprise qu’au niveau de sa structure de rentabilité.

  • Considérant l’impact que la situation existante et future peut avoir sur la viabilité de l’entreprise et donc sur sa capacité à rembourser les crédits, la banque est attentive à  analyser avec précision les principaux indicateurs lies. Ces principaux indicateurs touchent notamment à la solvabilité, la liquidité, le fonds de roulement, le besoin de fonds de roulement, la marge brute, la valeur ajoutée, l’EBIT(DA), etc.

  • Un compte courant gérant/associé à l’actif ou au passif aura aussi un impact.

  • Ces analyse sont effectuées sur base de la situation avant et après intégration du ou des nouveaux crédits.

8.    Insuffisance de garantie

  • Autant la banque analyse en profondeur la probabilité de défaut sur un crédit à octroyer, autant elle désire également couvrir son risque si un défaut survient, via des garanties.

  • Or, il est assez courant pour une entreprise de ne pas disposer d’éléments pouvant servir de garantie suffisante aux yeux de la banque, d’autant plus que les exigences en la matière se sont renforcées ces dernières années. Dans un tel cas, la banque demande généralement des garanties d’ordre privé (réelles ou personnelles) ou refuse le crédit.

  • Il existe diverses solutions pour essayer de palier à ce manque ou pour éviter de devoir exagérément lier le risque de l’entreprise au patrimoine privé de l’entrepreneur, par exemple en faisant appel à des solutions publiques telles celles du Fonds Bruxellois de Garantie, de l’ONDD ou celle proposée via Belfius et le Fonds Européen d’Investissement.

  • Par ailleurs, évitez de donner trop vite trop de garanties à une seule banque, car vous serez alors « marié » avec celle-ci sans réelle possibilité d’en solliciter une autre.

9.    Demande non rentable

  • Les banques ont pris des mesures ces dernières années pour améliorer leur efficacité, ce qui se traduit notamment par une volonté accrue de standardisation et d’automatisation. En conséquence, les interlocuteurs bancaires des entreprises, surtout s’il s’agit d’entreprises de taille limitée, sont poussés à mieux gérer le temps consacré à chaque demande et donc aussi à filtrer plus vite les dossiers qui ont peu de chance d’être approuvés ou encore à éviter d’appliquer un traitement trop sur mesure si le potentiel de rentabilité du dossier est limité.

  • Ainsi, tout élément qui alourdit le processus et/ou requière une action complémentaire de la banque risque donc d’impacter son appréciation et son traitement du dossier.

  • On le voit par exemple lorsqu’il s’agit pour la banque de devoir introduire des dossiers de petites tailles auprès du Fonds de Participation ou du Fonds Bruxellois de Garantie.

10. Autres éléments liés à la banque et son environnement

D’autres éléments liés spécifiquement à votre banque et à son environnement peuvent impacter le processus d’octroi de crédit, tels que :

  • Quel est le contexte économique général et celui du secteur bancaire : croissance, stabilité, crise ?

  • Quel est le contexte régulatoire du secteur : y a-t-il des exigences accrues au niveau de la solidité financière des banques, sont-elles plus contrôlées et encadrées dans leur gestion d’octroi de crédit, ont-elles des responsabilités accrues vis-à-vis de leur clientèle ?

  • NB : une situation plus complexe au niveau de l’environnement économique et régulatoire du secteur bancaire (comme c’est le cas actuellement), ne change pas fondamentalement les règles d’octroi de crédit, mais mène à une application plus stricte des logiques fondamentales synthétisées dans cet article.

  • Quelle est la politique de risque actuelle de la banque : a-t-elle la volonté ou la capacité d’élargir sa clientèle ou son encours crédit ?

  • Quelle est la politique commerciale et de segmentation actuelle de la banque : y a-t-il des secteurs exclus, est-elle ouverte aux starters, est-elle surtout intéressée par les comptes privés ?

  • Qui sont vos interlocuteurs et quels est le processus décisionnel: avez-vous la possibilité de présenter et défendre votre projet de visu à un interlocuteur direct, celui-ci est-il réellement compétent et a-t-il un réel poids dans la décision ?

    NB : Attention, plus il y a des intervenants, plus il y a un risque de mauvaises compréhension et de perte d’informations.

Avec cette grille de lecture, vous pouvez tenter de déduire si vos attentes sont réalistes et surtout si vous avez la possibilité d’augmenter vos chances de succès en adaptant l’un ou l’autre paramètre !

Note de l’auteur : Quelques nuances importantes pour conclure:

  • Cet article n’intègre pas tous les éléments possibles et chaque cas est bien sûr particulier.
  • L’impact de ces différents éléments doit être considéré tant de manière individuelle que collective : certains sont des « deal killers », d’autres pas.
  • Il faut donc éviter d’interpréter ces éléments au pied de la lettre : c’est une grille de lecture !

 Rodolphe d’Udekem d’Acoz, Conseiller Business & Finance, Impulse Brussels

Qui contacter ?

Vous pouvez bien entendu envisager de solliciter Impulse Brussels ou le réseau des guichets d’économie locale pour vous aider à évaluer les forces et faiblesse de votre demande.

En plus de cela :

  • Pour plus d’information sur le financement des entreprises, consultez la rubrique financement sur ce site ou http://www.financementdesentreprises.be.

  • Pour solliciter un accompagnement dans votre recherche de crédit, contactez le numéro de téléphone 1819 qui évaluera au mieux le meilleur interlocuteur pour vous aider.

  • Pour trouver une banque active en financement des entreprises : http://www.abb-bvb.be

  • Pour une alternative ou un complément au crédit bancaire, adressez-vous à la SRIB ou Brupart.

  • Pour un complément de garantie pour couvrir votre crédit bancaire, adressez-vous au Fonds bruxellois de Garantie

 

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