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Snikpic réconcilie PME et influenceurs

Les influenceurs ont envahi nos réseaux sociaux, nos écrans et nos vies. Il y en a de tous les genres, spécialisés dans tous les domaines, suivis par quelques milliers ou plusieurs millions de ‘followers’. Bref, ils sont devenus incontournables en matière de stratégie publicitaire. Et inabordables pour les petites PME? C’est contre cette fatalité qu’Assem Chammah, Maxime Bétas et Anouar El-Mourabit, le trio de Snikpic, entend lutter.

Peu de choses prédisposaient pourtant les trois compères à se mettre à la disposition des petites structures, sinon une solide envie de servir, comme l’explique Assem: « Nous étions tous les trois consultants en stratégie d’entreprise dans un important cabinet de conseil. Anouar et moi sommes ingénieurs en aérospatiale et Maxime est diplômé de la Louvain School of Management. Nous résolvions les problèmes de grandes entreprises partout dans le monde. Au bout de quelques années, il nous a semblé évident que nous qui excellions à aider les grosses structures, aimerions apporter quelque chose aux PME, aux startups qui à l’échelle mondiale représentent environ 99% des entreprises et 60% de l’emploi. »

A l’écoute des patrons de PME

Et quel est le principal souci des patrons de PME ? Ceux qu’ils interrogent pointent unanimement la publicité, particulièrement sur les réseaux sociaux. Le souci ? Le manque de temps et de compétences adéquates ainsi que du budget nécessaire pour rétribuer les agences susceptibles de jouer les intermédiaires avec les influenceurs.

Les trois consultants contactent alors directement des influenceurs, et là surprise: la majorité d’entre eux se contentent de peu de chose, un repas, un produit ou un service gratuit, pour relayer leur expérience sur les réseaux sociaux ! Assem, Maxime et Anouar imaginent alors une stratégie toute simple. « Pour automatiser, simplifier et rendre un peu plus transparente cette mise en relation, il fallait la renverser et faire en sorte que les influenceurs prennent l’initiative des démarches vers les entreprises et non l’inverse comme c’était le cas jusqu’ici », explique Assem. « Histoire de tester le marché, nous avons créé une page Instagram et publié la vidéo d’un restaurateur à la recherche de relais auprès d’influenceurs qui étaient invités à se manifester pour être mis en contact avec lui. Notre petite chaîne forte d’à peine 5-600 personnes a attiré dans la demi-heure une dizaine de postulants disposant chacun de 5-6.000 abonnés qui étaient disposés à échanger un post contre un simple repas gratuit ! »

Il n’en faut évidemment pas plus pour inciter Assem, Maxime et Anouar à créer une "market place", une application destinée à permettre aux entrepreneurs et aux influenceurs de se présenter et de prendre contact les uns avec les autres. Une formule que le trio a évidemment eu à cœur d’améliorer: « Nous avons ajouté des fonctionnalités pour rendre les caractéristiques des influenceurs plus transparentes, développé des algorithmes pour authentifier les profils, prévu des filtres pour sélectionner les influenceurs en fonction de différents paramètres tels que la taille, la localisation, leur nombre de followers ou leur segment d’audience, et créé un suivi automatique sur la plateforme pour permettre à la marque de vérifier l’efficacité de l’intervention sur les réseaux sociaux. ». Il ne reste plus alors aux influenceurs qu’à se signaler auprès des entrepreneurs, aux deux parties à se mettre d’accord et à honorer chacune leur part de l’accord… qui est scellé par un contrat généré automatiquement et systématiquement envoyé aux deux parties.

« C’est donc une promotion non seulement plus efficace mais incroyablement moins chère (à partir 17€ par mois) que toutes les alternatives existantes », conclut Assem qui insiste: « Nous ne sommes pas une agence de communication. Nous proposons au contraire un point de vue assez extérieur, indépendant et peut-être même un peu novateur, et cela fait une partie de notre force. Nous avons conçu une application destinée au commun des mortels, à l’entrepreneur qui recherche pour sa publicité sur les réseaux sociaux une solution rapide, peu coûteuse et facile à utiliser à mille lieues du discours complexe des agences de communication. »

Entrepreneurs par passion pour leur projet

Les trois start-uppeurs ont mené la création de Snikpic tambour battant. L’idée a commencé à germer à partir d’août 2018. Très rapidement, ils ont abandonné leur fonction salariée pour se consacrer à 100% à leur projet. « Nous n’avons pas décidé d’être entrepreneurs. C’est l’entrepreneuriat qui nous a choisis plus que nous avons choisi l’entrepreneuriat », commente Assem. « Notre projet nous passionne. Pendant six mois, nous nous sommes vus tous les weekends en marge de notre job qui était lui-même très prenant, et cela nous donnait de l’énergie. Depuis un an, nous sommes tout le temps ensemble. Nous nous sommes retrouvés un peu ‘forcés’ de quitter notre emploi parce que notre projet nous accaparait de plus en plus et que nous voulions qu’il se pérennise, prenne de l’ampleur.»

Comme tous les entrepreneurs débutants, ils ont aussi dû affronter quelques difficultés, quelques interrogations, que ce soit en matière de relations avec les agences de communication en place, avec les grandes plateformes Internet et avec les utilisateurs viscéralement attachés à leur entreprise, ou lorsque les différentes phases de développement du projet ont pris du retard. Mais pas de quoi les décourager. Ils précisent même: « On a eu beaucoup de difficultés jusqu’ici et on en aura encore. Mais s’il y a bien une chose en laquelle on a confiance, c’est en notre capacité à résoudre les problèmes à mesure qu’ils surviennent.»

Un soutien plutôt que des subsides

Ils ont tellement foi en leur projet qu’ils n’ont pas hésité à y investir toutes leurs économies sans chercher à décrocher quelque subside que ce soit. Assem développe: « Je pense que des subsides sont disponibles en Belgique mais pour l’instant nous partons du principe que si ce que nous faisons a de la valeur, le marché devrait le reconnaître et nos clients payer nos services. Je pense que les subsides d’Etat sont probablement plus pertinents pour des entrepreneurs qui portent des projets beaucoup moins faciles à mettre sur le marché, des concepts beaucoup plus longs à finaliser. Avec nos compétences, ces aides ne nous semblaient pas nécessaires, et puis nous préférions consacrer notre temps à améliorer notre produit plutôt qu’à remplir des formulaires de demande d’aide ! »

En revanche, le soutien de hub.brussels a tout pour les séduire: « Au mois de mars, nous nous étions renseignés auprès de hub.brussels sur le statut légal des entreprises et en septembre, ce sont leurs équipes qui ont repris contact avec nous », commentent-ils. « Il y a donc un vrai suivi. C’est un réseau assez intéressant animé par des passionnés dont l’objectif est vraiment d’aider les entrepreneurs de manière désintéressée. Les clusters au sein de hub.brussels fonctionnent vraiment bien. Ce type d’aide est plus pertinent maintenant que nous avons vraiment un produit, que nous cherchons à communiquer et à rencontrer des gens, qu’au début de notre démarche lorsque nous n’avions ni produit, ni entreprise, juste une idée. Le soutien de hub.brussels nous a en tout cas mis en confiance et convaincus que l’avenir des entrepreneurs à Bruxelles est en de bonnes mains

En quelques mois, le trio a déjà accumulé une expérience qu’il n’hésite pas à faire partager à tous les aspirants entrepreneurs: « Il ne faut surtout pas se décourager», recommande Anouar, « car les problèmes surgissent dès le premier jour et les plans sont sans cesse bouleversés. Beaucoup de souplesse et de réactivité sont indispensables.» Maxime enchaîne: « Ne vous fiez pas uniquement à votre instinct. Restez à l’écoute de vos clients potentiels.» Et Assem conclut: « N’hésitez pas à mettre les mains dans le cambouis. On peut tout apprendre, presque tout faire. Beaucoup d’entrepreneurs font rapidement appel à des sous-traitants extérieurs et je ne pense pas que ce soit une bonne idée. »

Article rédigé par Catherine Aerts

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Le trio fondateur de SNIKPIC

De gauche à droite: Assem Chammah, Maxime Bétas et Anouar El-Mourabit.

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