Village Finance: des bourses spéciales pour exclus bancaires

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Village Finance est un Fonds de développement économique local, dirigé tout particulièrement  vers la Zone d’Intervention Prioritaire à Bruxelles (ZIP). Son métier le plus surprenant sans doute: octroyer des bourses non remboursables à des « candidats entrepreneurs sans le sou ». Rencontre avec Maxime Bacq, responsable de Village Finance.

Les bourses de Village Finance

Maxime Bacq : « Les bourses « Coup de pouce » sont destinées aux candidats entrepreneurs qui n’ont pas la possibilité d’obtenir un crédit bancaire classique ou qui n’ont pas les fonds propres nécessaires pour lancer leur activité. Et puis, il y a les bourses « entrepreneuriat durable », pour les candidats entrepreneurs qui incluent dans leur projet économique des aspects sociaux et environnementaux. Et enfin, dernier né de Village Finance, les bourses « Eco-construct’If », destinées aux projets d’entreprises qui allient les principes de l’économie sociale avec les matériaux et les techniques de la construction durable.

Village Finance : quand, comment et avec qui…

Maxime Bacq : « Village Finance est un projet qui existe depuis 2004. Il a été fondé avec le soutien de la Région de Bruxelles Capitale et des Fonds européens de développement régionaux (FEDER) mais, sous sa forme actuelle, le projet existe depuis 2009.

L’impulsion de départ est venue du Groupe One (Groupe de Recherche et d’Action sur l’Entrepreneuriat durable - ), de la commune de Saint-Gilles et de la Maison de l'Emploi de Saint-Gilles, ce sont eux nos fondateurs. Mais nous avons également plusieurs partenaires dont le rôle est essentiel : pour le projet « Coup de pouce », nous avons 3 partenaires financiers Le Fonds de participation, Crédal et Brusoc), mais également des organismes partenaires dont le métier est d’accompagner les porteurs de projet. En l’occurrence, il s’agit de l’ensemble des guichets d’économie locale de la Région de Bruxelles Capitale (Anderlecht, Bruxelles-ville, Molenbeek, Saint-Gilles et Schaerbeek) et deux organisations, ILES et Ceraction, qui proposent un accompagnement gratuit pour la structuration de projets de création d’entreprise, de la phase d’élaboration du plan d’affaires jusqu’à la demande de financement avec un suivi post-création également. »

 « Exclusion bancaire », et alors ?

Maxime Bacq : « Dans le cas des bourses « Coup de pouce », ce sont nos partenaires qui s’occupent de structurer les dossiers de demande. Ils s’assurent d’abord qu’il y a effectivement une adéquation entre le porteur de projets et les aptitudes, les compétences, le savoir-faire ou le savoir être nécessaires au succès du projet. Puis, il leur incombe aussi d’introduire auprès de Village Finance la demande de bourse proprement dite, en joignant les documents qui permettent de justifier la situation sociale et, éventuellement, patrimoniale du porteur de projet. On peut donc dire que nous reposons sur le professionnalisme des organisations partenaires pour ce qui concerne la validation du projet d’un point de vue économique. Notre métier à nous, c’est précisément de nous positionner sur le critère d’exclusion bancaire. Dans ce cadre-là, il peut arriver que nous refusions une demande si nous constatons que le demandeur n’entre pas dans le critère d’exclusion bancaire.

Pour ce qui concerne les bourses d’entrepreneuriat durable, ce critère bancaire n’a aucun impact. Là, on regarde la nature du projet, on va assurer qu’il y a effectivement ce qu’on pourrait appeler un « business/métier vert » ou une activité d’économie sociale, soit une activité plus traditionnelle, comme l’horeca par exemple, mais, dans ce cas, il faut que nous puissions y retrouver des thématiques liées à l’économie sociale ou au développement durable. Choix des fournisseurs, choix des produits (locaux, de saison, agriculture biologique ou naturelle…), gestion des déchets, développement de partenariats, qualité de l’embauche, commerce équitable, participation à la vie locale : tous ces éléments peuvent intervenir dans la décision d’octroyer ou non ces bourses. »

Un bilan globalement positif, malgré la crise

Maxime Bacq : « Pour ce qui concerne les bourses « Coup de pouce », Village Finance a traité un peu plus de 130 demandes depuis 2009. 45 bourses ont finalement été octroyées. Point important, la différence entre les demandes et les octrois ne traduit pas forcément des refus de notre part. En fait, il faut savoir que la majorité des projets n'a tout simplement pas abouti, pour de multiples raisons, parfois imputables aux porteurs de projets, parfois aux organismes d’accompagnement qui jugeaient certains projets moins mûrs, parfois aussi aux organismes de financement pour qui la viabilité économique ne pouvait être établie.

Pour les bourses d’entrepreneuriat durable, on est actuellement à 7 bourses octroyées. Le démarrage a sans doute été un petit peu plus lent mais là, on commence à voir arriver de plus en plus de projets de grande qualité. On s’attend donc à engranger de très bons résultats dans ce domaine. En sachant que dans le cadre des bourses « Entrepreneuriat durable », Village Finance fait un accompagnement qui porte la plupart du temps sur la durabilité de chaque projet. On va analyser l’ensemble des initiatives d’ordre économique, environnemental et social qu’il est possible de développer ou qui sont déjà développées dans le cadre du projet. »

Et les échecs ?

Maxime Bacq : « Bien sûr, le contexte économique a un impact en particulier dans le petit commerce et certaines autres activités très sensibles à la conjoncture, donc, oui, il y a eu un certain nombre de faillites parmi les projets que nous avons soutenus. Mais ce qui est important pour nous, c’est de vérifier si « notre » taux d’échec est plus élevé que celui du « marché », d’autant plus que nous traitons à priori avec un public qui a plus de difficultés que la moyenne au démarrage de l'activité. Et là, on se rend compte que le bilan est plutôt positif, puisque le taux d’échec dans notre segment est similaire au taux de faillite global du pays. »

Les bourses, du sonnant et du trébuchant

Les bourses « Coup de pouce » et les bourses « Entrepreneuriat durable » sont d’un montant de 6.200 euros non remboursables. Pas négligeable, surtout qu’elles donnent un effet de levier important à leurs bénéficiaires : ces bourses représentent généralement entre 15% et 30% des moyens financiers investis par les candidats entrepreneurs. Les besoins de financement des projets visés par Village Finance varient généralement entre 20.000 à 40.000 euros.

Quant aux bourses Eco-construct’If, initiative développée dans le cadre de l’Alliance Emploi-Environnement de la Région de Bruxelles Capitale, elles sont variables, de 6.200 à 18.600 euros pour démarrer ou développer une activité qui allie la construction durable à des objectifs d’économie sociale. Des montants qui peuvent donc être plus importants, mais qui renvoient au fait que les projets soutenus intègrent des impératifs sociaux et environnementaux qui peuvent être plus contraignants. .

Plus d’infos :

Tel : 02 543 44 06

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