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Conseils d'entrepreneur : Jean-Patrick Scheepers, fondateur d'Urban Farm Company

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Le concept Urban Farm Company

Jean-Patrick Scheepers : « Urban Farm Company est une société de conseil en ferme urbaine et en alimentation durable. Cela signifie que je conseille des pouvoirs publics ou des sociétés privées (développeurs immobiliers, architectes...) qui envisagent d'installer des dispositifs de ferme urbaine ou un système d'alimentation durable dans une ville ou un quartier. »

La création d'Urban Farm Company

Jean-Patrick Scheepers : « Je me cherchais un nouveau défi professionnel et je me suis passionné pour les fermes urbaines qui étaient pour moi un développement logique de tout ce que j'ai fait pendant 20 ans, la nourriture, les cours de cuisine (avec Carlo de Pascale et la création de mmmmh!), un magasin à Waterloo qui s'appelait Foodstock – projet qui a malheureusement échoué et qu'il a fallu arrêter au bout de deux ans – et donc, quand on se passionne pour la nourriture et la cuisine, on finit forcément par se passionner pour le produit, pour la production. Ça m'a donné envie d'être fermier urbain et d'installer une ferme sur les toits en ville.

Pendant six mois, j'ai travaillé sur ce projet avec un professeur d'université mais on s'est vite rendu compte que ce n'était pas le bon moment, pour nous, de lancer un projet de ferme urbaine. Mais nous avons identifié un besoin d'accompagnement dans ce domaine, un besoin de « storytelling » : « Ok, c'est bien, une ferme urbaine, mais comment à la crée, on en fait quoi, ça sert à quoi ? ». Et donc, j'ai créé cette entreprise de conseil fin 2013, avec des clients à Liège, Bruxelles, Luxembourg et Paris. »

Le meilleur conseil que Jean-Patrick Scheepers a reçu

Jean-Patrick Scheepers : « J'ai créé ma première société alors que je n'avais pas encore terminé mes études d'ingénieur commercial à l'IAG. Ce qui m'intéressait le plus dans mes études, c'était le marketing et donc, une fois mon diplôme en poche, j'ai été me présenter dans une série de grandes boîtes du secteur de la consommation. J'ai eu pas mal de rendez-vous mais, apparemment, il devait y avoir quelque chose qui clochait puisqu'on ne me proposait rien de concret. Jusqu'au jour où, dans une de ces entreprises, quelqu'un m'a clairement dit que mon côté créateur d'entreprise, en fait, ça ne les intéressait pas du tout même si, en apparence, mes interlocuteurs trouvaient ça super... Ce gars m'a fait gagner beaucoup de temps en me disant clairement que je n'étais pas fait pour travailler dans ces grandes boîtes. Pour le reste, quand je regarde mon parcours, je dois bien constater que j'ai reçu peu de conseils. En fait, il m'a manqué un mentor, quelqu'un qui vous entoure professionnellement. Je n'ai pas eu cette chance, au contraire de certains de mes amis. »

Son conseil aux autres entrepreneurs

Jean-Patrick Scheepers : « Difficile de n'en donner qu'un parce qu'il y en a plein. La première chose qui me vient à l'esprit, c'est de ne pas écouter ceux qui répètent que créer une boîte en Belgique, c'est compliqué. J'en ai assez d'entendre ça, parce que c'est faux ! Créer sa boîte, c’est super simple ! Surtout si vous comparez avec les difficultés que les entrepreneurs rencontraient il y a 20 ans pour créer leur société. Aujourd'hui, c'est simple et rapide... ce qui ne veut pas dire qu'après, c'est simple. Car, après la création de l'entreprise proprement dite, oui, il y a des couches administratives qu'il faut effectivement gérer, comme l'AFSCA ou l'inspection économique dans le secteur de la nourriture. Quand vous recevez un PV parce que le nom de la sole, poisson que tout le monde connaît, n'est pas indiqué en latin dans votre magasin, effectivement, ça va trop loin... »

Un deuxième conseil ?

Jean-Patrick Scheepers : « Ne pas avoir peur des pouvoirs publics. Et ce n'est pas contradictoire avec mon premier point... En gros, pendant longtemps, j'ai limité le plus possible mes contacts avec les pouvoirs publics. Mais, depuis deux ans, avec la création d'Urban Farm Company, j'ai été beaucoup en contact avec des administrations et je dois dire que j'ai été plutôt positivement surpris, j'ai rencontré des gens compétents, investis dans leur travail, donnant des conseils et un accompagnement de qualité. »

Un dernier conseil pour la route ?

Jean-Patrick Scheepers : « Créez votre entreprise, c'est le moment ! J'ai le sentiment très fort que la période est particulièrement favorable à la création de son entreprise. Depuis un an, j'entends parler d'entrepreneuriat partout, tout le temps. Il se passe quelque chose. Regardez le plan Start Up du gouvernement fédéral, qui entre en vigueur le 1er juillet 2015 : il va permettre aux investisseurs d’économiser jusqu’à 45.000 euros d'impôts par an en investissant dans une PME. C'est une mesure qui change vraiment la donne ! Et puis, dernier conseil, ne comptez pas sur les banques, elles ne sont pas là pour vous aider... sauf si vous avez beaucoup d'argent. Mais alors, il n'est peut-être pas utile de solliciter une banque. »

Son regard sur l’accompagnement

Jean-Patrick Scheepers : « J'ai 48 ans, je suis ingénieur commercial de formation, j'ai créé une dizaine de sociétés pendant mes 30 années de carrière et, pourtant, je pense qu'il est important d'être accompagné et je continue à me faire accompagner, à rencontrer des gens comme impulse.brussels parce que, dans ces échanges, il y a toujours un point de vue qui peut vous apporter quelque chose. Pour l'entrepreneur débutant comme pour l'entrepreneur chevronné : il y a chez eux différents niveaux de conseil et ça, c'est très précieux. »

Son regard sur l’entrepreneur de demain

Jean-Patrick Scheepers : « Je ne crois pas que le profil de l'entrepreneur change vraiment. Hormis plus de sagesse sans doute et d'expérience certainement dans mon cas. Sinon, les fondamentaux restent les mêmes : il faut avoir une sacrée dose de passion et de foi pour entreprendre parce que, globalement, tout le système est fait pour vous dire qu'il ne faut pas se lancer. Vous prenez des risques, si vous échouez, c'est une catastrophe et la société ne le pardonne (toujours) pas.

Quant aux profils d'entrepreneurs que je vois, ils sont aujourd'hui les mêmes qu'il y a 30 ans, sauf que, peut-être, beaucoup de jeunes qui entreprennent ont une vision sociétale qui n'existait pas vraiment quand moi je me suis lancé. A l'époque, on mesurait quasi exclusivement la réussite d'un projet d'entreprise au fait d'avoir fait de l'argent – ou pas. Ce critère, aujourd'hui, n'est plus omniprésent, beaucoup de jeunes entrepreneurs ont envie que leur projet change le monde et le rende meilleur. Et ça, c'est vraiment rafraichissant »

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