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Brusoc: une solution pour les « oubliés » des banques

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Pas d’accès au crédit bancaire alors que vous avez besoin d’un coup de pouce pour lancer votre activité comme indépendant ou votre petite entreprise (TPE) dans la zone d’intervention prioritaire de Bruxelles? Si c’est le cas, une adresse incontournable : Brusoc.
Cette filiale du groupe S.R.I.B, finance-brussels, octroie des prêts à taux bas aux indépendants et aux TPE, mais aussi, et cette fois sur tout le territoire de la Région, aux projets d’économie sociale. Elle compte aujourd’hui, dans son portefeuille partenaire, près de 300 interventions, dans des secteurs très variés, du petit commerce à la communication en passant par l’horeca ou le transport. Interview avec Hamed Ben Abdelhadi, analyste financier chez Brusoc depuis 2001.

Quelle est l’ampleur du soutien financier que vous apportez à vos « partenaires » et sous quelle forme ? Un prêt ? Une prise de participation ? Les deux ?

Hamed Ben Abdelhadi : « Nous travaillons avec différents produits financiers. Tout dépendra des besoins des entrepreneurs qui s’adressent à nous. Il peut s’agir simplement d’une personne qui a besoin d’un coup de pouce pour lancer son activité en personne physique, dans ce cas notre apport prendra la forme d’un micro crédit, de 1.250 à 25.000 euros maximum. Ce qui n’est pas mal, d’ailleurs, sachant que le futur indépendant, lui, ne devra apporter « que » 620 euros minimum, que ce soit en cash ou en nature (un ordinateur, des outils, etc.). Notre micro crédit lui permettra, par exemple, de se constituer un fonds de roulement, de payer une garantie pour la location d’une surface de commerce, de financer l’achat de nouveaux investissements, de commencer un leasing automobile, d’aménager son espace etc.

Maintenant, si la personne qui nous sollicite a un projet un peu plus ambitieux, qui nécessite la création d’une société commerciale, une SPRL par exemple, notre intervention se situera de 5.000 à 95.000 euros. Ce n’est pas rien ! Il s’agit alors de fonds d’amorçage pour les sociétés en phase de création ou de développement. Ce programme nous permet de soutenir des entrepreneurs qui ont des projets générateurs d’emplois. Mais, dans ce cas-là, nous attendons aussi que l’entrepreneur consente un apport personnel plus important, 6.200 euros en l’occurrence, ce qui correspond au capital minimum à libérer au moment de la création de l’entreprise.»

Est-ce que vous disposez d’autres outils pour aider les entreprises qui sont dans votre cœur de cible ?

H.B.A : « Oui, nous avons également la possibilité d’octroyer des prêts subordonnés pour les projets d’économie sociale ou d’insertion, prêts qui vont de 5.000 à 75.000 euros. Nous proposons aussi des crédits de trésorerie de maximum 7 500 euros avec, là, une durée maximale d’un an. »

Quelle est la durée des crédits que vous accordez ?

H.B.A : « La durée est assez classique puisqu’elle situe entre 1 à 5 ans. Mais la durée moyenne de nos prêts est de l’ordre de 3 ans et le taux d’intérêt est de 4%. »

Comment vous situez-vous par rapport au crédit bancaire classique ?

H.B.A : « Si vous jetez un rapide coup d’œil sur notre portefeuille de partenaires, vous constaterez que toutes ces sociétés, tous ces indépendants étaient en situation d’exclusion bancaire. Il faut comprendre que, lorsque vous êtes en phase de démarrage, ce qui est le cas de la moitié de nos partenaires, les banques privées prennent rarement de risque en octroyant le montant nécessaire, surtout si le/la candidat(e) n’est pas en mesure d’apporter une garantie ou une caution substantielle. Nous prenons le risque mais, bien sûr, seulement après une analyse approfondie du dossier. Nous concevons réellement notre intervention comme un accompagnement, sur le long terme, de nos partenaires.
Tant qu’ils sont en situation d’exclusion bancaire, nous pouvons les aider, pour autant qu’on se trouve dans un contexte positif : l’entreprise aidée doit connaitre une évolution positive de son chiffre d’affaires et très souvent être créatrice d’emploi. Par contre, une fois que notre partenaire n’est plus en situation d’exclusion bancaire, il repart évidemment vers le secteur privé. Le ‘transfert’ se passe généralement de manière harmonieuse, sachant qu’entre-temps  l’entreprise aura pu développer une relation de confiance avec sa banque qui constatera l’évolution du chiffre d’affaires et les résultats engrangés. Très souvent, le banquier va commencer cette relation en proposant de nouveaux services financiers. »

Est-ce que certains de vos ‘partenaires’ sont parfois amenés à solliciter les services d’une autre filiale du groupe S.R.I.B. ?

H.B.A : « Oui, bien sûr, nous avons plusieurs exemples d’entreprises qui ont connu une croissance importante nécessitant des moyens financiers supérieur à 95.000 euros et qui ont sollicité l’intervention d’autres filiales telles Brustart ou encore Exportbru. Il y a un relai naturellement organisé aussi au sein du groupe SRIB. »

Est-ce que le taux d’échec est important parmi les entreprises qui bénéficient de votre aide ?

H.B.A : « Brusoc existe depuis 2001. Sur l’ensemble de la période, le taux de remboursement est de 82%. Alors que, pendant ces 13 années d’existence, on a connu une crise financière et économique très violente entre 2009-2012, crise qui n’est pas totalement effacée. Nous considérons donc que ce taux de remboursement comme bon, surtout si nous tenons compte des conditions de nos interventions : nous soutenons de très petites entreprises – elles sont souvent plus fragiles – qui sont actives dans des secteurs difficiles (petit commerce, horeca, services), localisées dans des quartiers fragilisés (la zone d’intervention prioritaire) et, généralement, en tout début d’activité. Ce sont des paramètres particulièrement délicats. 

Un conseil à celles et ceux qui souhaiteraient obtenir le soutien de Brusoc ?

H.B.A : « Le candidat à un soutien de Brusoc doit d’abord, et c’est impératif, soumettre un plan d’affaires. Ce plan sera examiné lors d’un entretien avec un analyste, et sera présenté ensuite au comité d’investissement. Si le dossier est déclaré recevable, un plan d’affaires détaillé sera élaboré, suivi d’une analyse approfondie du dossier. Sur la base de cette analyse, Brusoc décide d’investir ou non. »

Interview : Adrien Mintiens

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